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  • Cyr Dioré Coviae/Greenfib

Episode 4, du covid-19 au coplin-27


Le présent du futur

C’est cette opportunité qui motive fondamentalement ces lignes que j’écris aujourd’hui. Nous ne sommes pas en guerre qui signifierait que nous luttons pour préserver notre monde contre… Nous sommes collectivement dans une crise difficile, douloureuse qui nous demande de gérer ses effets immédiats avec des mesures qui sont prises, sont-elles trop ceci, pas assez cela… je ne sais pas, elles sont, et elles sont dans une situation inédite et donc sûrement pas optimales. Je ne veux pas consacrer d’énergie à juger cela. Nous sommes aussi collectivement dans une étape dans laquelle je veux contribuer à ce que collectivement nous en fassions quelque chose de beau dans le sens de l’harmonie entre nous, entre nous et la nature, la planète. Je rêve… tant mieux, ceux qui rêvent le monde, changent le monde.

J’évoquais plus haut que l’on disait de moi que j’étais un poète mais aussi un pragmatique.

Je vous partage donc une réflexion que j’ai eu il y a quelques temps sur le comment mettre en œuvre cette transformation.

Sur le papier, pouvoir contribuer à une création collective est à priori enthousiasmant et en même temps, lorsque celle-ci est un changement de monde… elle renvoie à changer ce qui nous a construit, nos repères, nos habitudes ! Cet enthousiasme peut vite laisser la place à une émotion plus bloquante qu’entrainante. Cette période de pause longue peut nous permettre d’expérimenter cette nécessité d’oser et de dépasser ces blocages.

Si les transformations sociales et culturelles majeures au XXème siècle trouvaient leur source dans les marges extrémistes et une dynamique de contre-culture, hippies, punk… elles proviennent aujourd’hui d’un processus bien différent basé sur la multiculture et une démarche naturellement associée de transformation par micro transformations coexistantes, comme le décrypte Christophe Bourseiller, expert des signes émergeants, d’où cette difficulté à les décrypter. C’est l’approche systémique qui peut nous aider à le faire, à nous sortir de notre côté binaire bien ancré dans notre culture occidentale.

Dans une ambition de projet globale forte, cette dynamique de transformation par micro-actions favorise la capacité de chacun de nous à être acteur à son niveau dans une simplicité d’action individuelle accessible. Nous avons ainsi les moyens de contribuer à créer ce terreau favorable à, prendre conscience pour prendre confiance, à donner le droit à l’erreur pour continuer d’oser expérimenter, à capitaliser sur ces petites et nombreuses transformations sur le plan pro comme sur le plan perso. Nous avons donc en plus de cette opportunité de la pause, des moyens pour agir…

A cela nous devons ajouter à cela, la posture…

« Ce que je regarde se développe. » dit Stéphane Bigeard, « les évidences d’aujourd’hui sont des utopies d’hier » dit Sandrine Roudaut. Changer de regard, c’est la première capacité à développer pour oser. Chacun peut, par sa posture personnelle, par sa communication, par son partage, faciliter autour de lui la capacité à évoluer dans son regard sur les choses, à faire preuve de discernement.

Nous pouvons nous mettre dans une posture d’aider chaque personne de son entourage à augmenter ce que j’appelle sa sécurité intérieure, sa confiance en lui, son estime de lui. Si cette démarche peut être profonde, nous pouvons aussi la nourrir de manière très simple, par des truc & astuces dans les situations qui se présentent au quotidien, comme par exemple aider à développer le réflexe « Qu’est ce que je fais de ça ? » plus tôt que « oh, la la, ca va être compliqué ». ou encore : si c’est comme ça, c’est bien, et si c’est autrement, c’est bien autrement », à moi de trouver le « bien autrement »…

L’action , la posture, nous avons pour tout cela un enjeu de carburant…

A l’heure où nous n’avons plus beaucoup d’énergie fossile, nous avons intérêt à développer notre énergie facile. Pourquoi ? Parce que l’action de transformation se passe donc dans un temps continu, le temps de l’être, et en même temps, les signes actuels de changement de modèle de « vivre ensemble » et de « travailler ensemble » présentent le besoin d’un passage rapide de notre monde compliqué pour s’adapter à un monde complexe. Comment faire vite ce qui se fait à priori lentement en respectant chacun ? en saisissant des opportunités, comme cette pause actuelle.

Mon retour d’expérience de construction de l’événement The Bridge apporte un éclairage sur l’importance d’agir dans une énergie facile, en résonance avec l’un des principes du vivant de Gauthier Chapelle, « optimiser plus que maximiser ».

The Bridge s’est construit dans une démarche d’optimisation d’énergie individuelle et relationnelle qui a permis la réalisation de ce gros événement par une toute petite équipe. Optimisation en interne en posant dès la création du projet les sujets de l’ego, du conflit, en les explicitant et en les apprivoisant, en les contextualisant : « le patron c’est le projet ». Optimisation aussi avec les interlocuteurs externes, par un développement uniquement des actions qui se mettaient en place naturellement, avec simplicité, fluidité, et dans le respect des fondamentaux :« travailler avec des acteurs présents au service du projet plus que pour se servir du projet ».

Je veux terminer avec cette aventure Ikigaïa. Depuis 1 an, avec Karine, Laetitia, Maly, Ludo, nous construisons une offre dont nous prenons conscience de sa pertinence avec tout ce que l’on vit aujourd’hui. Comme si nous nous étions préparés… Nous avons pris le bien-être dont on parle en boucle, nous l’avons renversé sur la table, et ça donne « être bien », être bien avec soi, avec les autres, avec l’entreprise, avec la planète. Ce temps de confinement agit également comme un révélateur que l’essentiel est bien dans ce « être bien » et non dans un bien-être un peu tarte à la crème. On peut faire la même chose avec la QVT, la qualité de…vie au travail, parlons de vie de qualité au travail.

Ikigaïa, c’est Ikigai : mission de vie, et Gaia : la planète. C’est donc avec Ikigaïa que je veux contribuer auprès des entreprises, dans ces temps, de pause aujourd’hui, de reprise demain. Notre conviction est que dans ce monde complexe il est nécessaire d’apprendre à être des acteurs de transformation par une énergie simple dans la relation humaine, les solutions techniques et les moyens de financement. C’est dans cette énergie que nous donnons forme à Ikigaïa.

Nous réinventons notre rôle de champignon, pour ceux qui s’intéressent au rôle des champignons dans leur ecosystème, notre rôle de consultant formateur pour ceux qui préfèrent les anciens mots. Nous réinventons notre manière d’être présent par notre modèle économique adapté à la situation des entreprises et de leurs scénarios à venir.

Conclusion

Alors, j’ai conscience que le discours n’a pas de prise directe, l’expérience ne s’achète pas, elle se vit. Chacun a son expérience de chemin vers soi-même, j’invite ceux qui remplissent encore leur temps par tous ces moyens de communication à distance pour plein de bonnes raisons, à oser expérimenter cette pause et poursuivre ce chemin vers soi. Je fais cet appel car Je suis convaincu que chacun de ces chemins représente une partie du chemin collectif vers ce monde plus conscientisé, plus responsable, plus harmonieux vers lequel nous devons, et j’ai envie d’aller.

Pour vous y aider, je vous partage cette belle question de Stéphanie Douillard, anthropologue : C’est quand la dernière fois que vous avez fait quelque chose pour la première fois ? cette période est propice aux premières fois, à oser.

Enfin, Paul Ricoeur explique que ce qui nous définit en tant qu’être humain c’est le langage, et que de ce fait, c’est par le récit de soi que nous existons. Alors, ce récit que je vous partage est cet appel à agir, il est sûrement aussi une expérience de récit de moi, pour « nous-rire » mon propre « en je ». A vos récits.

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